quinta-feira, 3 de fevereiro de 2011

Na morte de Edouard Glissant



MOURIR, NON MOURIR

à Jean Laude


Les parfums ont tari sur les plages de mes étoiles. L'écume des hauteurs n'éblouit pas, le livre est là, et sa moisson.



Livre d'allées où l'eau est rare, livre des Morts et des Léthés, en ce pays du Nord occupé de vendanges, souterraines ô souterraines.



Ouvre, les nuits sont splendides au Livre. (La mer mesurait ses fruits et son sel. L'été de la nuit allumait l'été.)



J'apprends j'apprends qu'il y a eu bataille, après quoi l'amour ne revient, elle est morte ; et le champ est désert, il n'y eut pas de combattant, mais une seule éternelle défaite.



Et vois l'eau de la toilette des morts ; l'épouse l'a nappée sous les pas du clergé.



La Mort et ses nochers sont abjurés



De laisser au coeur la mer immense qui commence.





Saisons, in Le Sang rivé,1947-1954 (Poèmes complets, Editions Gallimard 1994)




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