segunda-feira, 28 de setembro de 2009

Aviso: vira à direita a Alemanha cansada da coligação em que o SPD deixara de se manter fiel à esquerda e cada vez era menos carne e menos peixe...




Editorial de Le Monde




Berlin à droite


Angela Merkel a dû rassurer les Allemands au soir du scrutin législatif qui a donné une nette victoire à son parti (CDU-CSU) et à ses alliés libéraux du FDP. "Je suis toujours la même", a-t-elle lancé, alors que toute la gauche était déjà en train de s'alarmer de la politique ultralibérale du futur gouvernement allemand.




Ces élections marquent la fin de la grande coalition. C'est peut-être une bonne chose. Comme dans les années 1960 en Allemagne, comme la cohabitation en France, cette alliance contre nature, imposée par les urnes, désoriente les électeurs, à qui aucun choix réel n'est proposé, et affaiblit les grands partis de gouvernement. Ainsi, le Parti social-démocrate (SPD) sort très affaibli de ces quatre années de participation au gouvernement. Non seulement le SPD enregistre son plus mauvais score depuis soixante ans, mais il ne pourra espérer revenir au pouvoir qu'en formant une alliance à trois, avec le parti des Verts et surtout Die Linke - formation qui entend incarner une "vraie" gauche -, qui progressent tous les deux. C'est surtout vrai de Die Linke, formé de syndicalistes déçus et d'anciens communistes, et qui s'est bien enraciné dans le paysage allemand.




La victoire claire de la droite est quasi inespérée pour Mme Merkel. Car son parti n'est guère mieux loti que le SPD : la CDU réalise son second plus mauvais score depuis la guerre. A force de gouverner au centre sans beaucoup d'imagination et de gérer l'héritage des réformes de son prédécesseur social-démocrate Gerhard Schröder, la chancelière a délaissé un énorme flanc sur sa droite, dont a profité le FDP. Sur le papier, elle sort renforcée de ce scrutin, mais elle est désormais sous la pression de ses nouveaux alliés libéraux, ce qui va à l'encontre de sa nature et ne fera les affaires ni des Européens ni des Français.




Car le FDP n'est plus le parti proeuropéen de l'éternel ministre des affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher (1974-1992). Il conteste la politique agricole commune, ne veut pas de politique industrielle ni de gouvernement économique et se refuse à des engagements trop contraignants en matière de lutte contre le réchauffement climatique qui pénaliseraient l'industrie allemande. Il va renforcer la tendance allemande à mettre par-dessus tout la compétitivité du pays, accentuant ses excédents commerciaux au détriment de ses partenaires européens. A Angela Merkel de démontrer que la première économie du Vieux Continent doit et sait aussi penser européen. Dans son intérêt à long terme.
transcrito, com a devida vénia, do Le Monde online

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