
Au-delà du G20
A priori, la faim dans le monde, qui touche d'ores et déjà un milliard de personnes, et le réchauffement climatique, qui risque de priver d'eau 1,5 milliard de personnes dans dix ans, sont des phénomènes suffisamment graves pour que la communauté internationale y consacre une partie importante de ses efforts.
Pourtant, les deux rencontres programmées pour en traiter s'annoncent décevantes. Le sommet mondial de l'agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), qui se tient à Rome du 16 au 18 novembre, devrait être un non-événement. Aucun leader du G8 ne s'y rendra, à l'exception de Silvio Berlusconi, qui peut ainsi justifier son absence des prétoires romains. L'absence de Nicolas Sarkozy - représenté par Bruno Le Maire, ministre de l'agriculture - y est d'autant plus regrettable que le président français avait marqué les esprits en préconisant, lors du précédent sommet, un "partenariat mondial pour la sécurité alimentaire".
A priori, la faim dans le monde, qui touche d'ores et déjà un milliard de personnes, et le réchauffement climatique, qui risque de priver d'eau 1,5 milliard de personnes dans dix ans, sont des phénomènes suffisamment graves pour que la communauté internationale y consacre une partie importante de ses efforts.
Pourtant, les deux rencontres programmées pour en traiter s'annoncent décevantes. Le sommet mondial de l'agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), qui se tient à Rome du 16 au 18 novembre, devrait être un non-événement. Aucun leader du G8 ne s'y rendra, à l'exception de Silvio Berlusconi, qui peut ainsi justifier son absence des prétoires romains. L'absence de Nicolas Sarkozy - représenté par Bruno Le Maire, ministre de l'agriculture - y est d'autant plus regrettable que le président français avait marqué les esprits en préconisant, lors du précédent sommet, un "partenariat mondial pour la sécurité alimentaire".
Même chose à Copenhague. Certes, les grands de ce monde y seront davantage présents. Ce serait même une faute politique et médiatique de ne pas y être. Copenhague constituera un progrès par rapport à Kyoto, mais il n'y aura pas de traité. Les délégations devraient prendre l'engagement politique... de se mettre d'accord, plus tard, sur les modalités concrètes de lutte contre le réchauffement climatique.
La déception qui risque d'accompagner ces deux rendez-vous montre que les sommets du G20, même s'ils constituent un progrès par rapport au G8, ne suffisent pas à régler tous les problèmes. La quasi-absence des pays les plus pauvres, notamment de l'Afrique, alors que l'on y compte au moins cinq Européens, y est dommageable. Certes, au départ, il s'agissait d'apporter une réponse politique commune à la crise financière. En ce sens, le G20 a (partiellement) rempli son rôle. Mais, justement, alors qu'il est manifeste que la crise économique n'est que le révélateur de déséquilibres mondiaux plus profonds, cette instance montre ses limites. L'Europe a une part de responsabilité dans cette situation. L'accord sur le climat entre Nicolas Sarkozy et Lula le prouve : aujourd'hui, au sein des Vingt-Sept, le chacun pour soi l'emporte dans l'action. Alors qu'elle est en pointe sur le sujet, l'Europe parvient à être inaudible au niveau mondial en laissant Chinois et Américains dicter leur calendrier au reste de la planète. Tant à Rome qu'à Copenhague, on risque d'en voir les funestes conséquences.
transcrito, com a devida vénia, de Le Monde, 16/11/09
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