sexta-feira, 23 de outubro de 2009

O Vaticano a Igreja Anglicana e o celibato de alguns padres... mas o que quer realmente Bento XVI?






...bandeira do Estado do Vaticano





Le Vatican tend la main aux anglicans critiques de l'évolution de leur Eglise

par Stéphanie Le Bars


Présentée lors d'une conférence de presse convoquée, contrairement aux habitudes, à la dernière minute, la nouvelle a pris tout le monde de court. Le Vatican a annoncé, mardi 20 octobre, son intention de mettre en place une "structure canonique" destinée à accueillir dans l'Eglise catholique les fidèles et religieux anglicans *** en rupture avec leur Eglise, notamment sur les questions de morale sexuelle et sur la présence de femmes prêtres et évêques.

Ce geste de Rome, inédit par sa forme et l'ampleur des personnes qu'il pourrait concerner - des dizaines d'évêques, des centaines de prêtres et des milliers de laïcs - poursuit plusieurs objectifs. Il s'agit en premier lieu de répondre "aux nombreuses demandes effectuées auprès du Saint-Siège de groupes de religieux et de fidèles anglicans provenant de diverses parties du monde qui veulent entrer en pleine et visible communion" avec l'Eglise catholique, ainsi que l'a expliqué le cardinal William Joseph Levada, préfet pour la Congrégation de la doctrine de la foi.

Le texte - une "constitution apostolique" signée de Benoît XVI - fixant les conditions de cet accueil sera publié dans les prochaines semaines, mais il apparaît d'ores et déjà que les anciens anglicans seront regroupés dans des diocèses spécifiques, "ordinariats personnels" du pape.

"Une liturgie spéciale"

Les prêtres et séminaristes anglicans, même mariés, pourront être ordonnés prêtres catholiques, rejoignant dans ce statut particulier leurs confrères qui ont déjà effectué cette démarche à titre individuel. Mais il ne s'agit en aucun cas d'une brèche dans le célibat des prêtres catholiques. Les évêques, eux, devront être célibataires s'ils veulent conserver leur charge. Les anglicans préserveront aussi des "éléments de leur patrimoine spécifique spirituel et religieux", notamment "une liturgie spéciale", a précisé Mgr Levada.

Cette main tendue devrait concerner en priorité les quelque 400 000 anglicans regroupés au sein de la Traditional Anglican Communion qui, depuis 1991, ont pris leurs distances avec l'Eglise mère, notamment sur les ordinations de femmes. En 2007, ils avaient officiellement demandé leur rattachement à Rome.




A terme, cette nouvelle structure pourrait aussi accueillir une partie de la frange conservatrice de l'anglicanisme, en rupture avec ses orientations libérales, sur l'ordination des femmes et des homosexuels et les mariages entre personnes du même sexe.

Mais cette décision du pape poursuit, indirectement, un autre but. Le retour dans le giron catholique de milliers d'anglicans ne mettra certes pas fin au schisme intervenu en 1534. Toutefois, ce mouvement adresse un signal évident aux autres schismatiques que sont les intégristes lefebvristes, avec qui le Vatican débute, lundi 26 octobre, des discussions doctrinales en vue de leur éventuelle réintégration dans l'Eglise romaine. En dépit de l'intransigeance affichée par leurs responsables, la structure envisagée pour les anglicans pourrait servir de modèle à certains fidèles lefebvristes désireux de rallier Rome.

Au-delà de cet effet collatéral, l'annonce vaticane soulève des interrogations. Malgré la réaction officiellement conciliante de l'archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams, le départ de milliers d'anglicans pourrait fragiliser davantage cette Eglise de 77 millions de personnes, au bord de l'éclatement depuis plusieurs années. Elle pose aussi des questions sur la nature du dialogue oecuménique tel qu'envisagé par Rome. Enfin, elle souligne la tendance du pontificat actuel à renforcer "l'unité de l'Eglise" avec les troupes chrétiennes les plus traditionalistes.


***em cima, imagem da Catedral de Canterbury, Londres


Transcrito, com a devida vénia, de Le Monde, 22/10/09

Sem comentários:

Enviar um comentário