sexta-feira, 19 de fevereiro de 2010

O clima não se cura a frio...



Mais il a neigé

Petit à petit, comme une pluie acide qui ronge la forêt, le doute s'installe, le scepticisme gagne. L'opinion publique, les médias, les milieux politiques s'interrogent. Et si cette affaire de réchauffement climatique n'était qu'un gros bobard ? Une affaire tellement exagérée qu'on en vient à douter de sa réalité. Et si, pis encore, "on" nous avait caché la vérité : il n'y a pas de réchauffement climatique ! Version à peine plus acceptable du mensonge vendu à l'opinion et de l'ignominie ainsi commise à son égard : il y a bien réchauffement, mais il n'est pas prouvé qu'il présente la moindre gravité pour l'état de la planète et pour notre santé. La météo s'en mêle, qui nous donne un hiver un tantinet plus froid qu'à l'habitude : vous voyez bien qu'il neige encore


Le Néerlandais Yvo de Boer a annoncé, jeudi 18 février, qu'il démissionnait de son poste de secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur le changement climatique. En gros, Yvo de Boer était à l'ONU une sorte de M. Réchauffement. Sa décision tient à la fois à des raisons de convenance personnelle et à l'échec, en décembre 2009, de la conférence de Copenhague, dont il était l'un des organisateurs. Mais peu importe : elle sera interprétée comme un signe de plus qu'il y a décidément quelque chose de pas clair dans cette affaire de réchauffement. Ce n'est pas anecdotique.


La communauté scientifique est, de façon écrasante, majoritairement convaincue de deux choses : primo, l'action de l'homme provoque le réchauffement climatique ; secundo, la dangerosité de ce dernier est multiple. Devant la masse des données accumulées, nous, dans ces colonnes, acceptons ce diagnostic.


Certes, ici et là, certains ont pu commettre erreurs, approximations, exagérations. La machine médiatique d'aujourd'hui, qui marche au matraquage et non à la nuance, a pu exaspérer par sa manière péremptoire. Il peut y avoir des zones de scepticisme sur tel ou tel sujet ; il faut admettre le questionnement sur tel ou tel autre. Cher Claude Allègre, nous n'avons certainement pas oublié les leçons du grand Gaston Bachelard (1884-1962) : soumettre la science à la démarche scientifique... Mais ce qui nous paraît grave, c'est, mouliné par la même machine médiatique, ce sentiment qui s'installe dans l'opinion : le réchauffement climatique relèverait du complot des élites, n'est-ce pas... C'est grave. Parce qu'il y a urgence, parce que la négociation sur la lutte contre le réchauffement est encalminée. Parce qu'il s'agit de bien autre chose que de savoir s'il neige sur le Kilimandjaro.

transcrito, com a devida vénia, de Le Monde, 19/02/2010

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