quarta-feira, 12 de maio de 2010

Um casamento inglês de conveniência visto de França

10, Downing Street: o que irá passar-se lá dentro?


Editorial
Mariage de raison au 10 Downing Street

La Grande-Bretagne a finalement retrouvé ses esprits. Après des élections législatives confuses qui n'avaient pas dégagé de majorité parlementaire, après cinq jours de tractations florentines très inhabituelles à Londres, la reine a invité David Cameron, le chef du Parti conservateur, à devenir le nouveau premier ministre et à former un gouvernement.

Le fair-play britannique a donc repris ses droits et la cohérence politique a été respectée. Chacun salue aujourd'hui l'élégance avec laquelle le premier ministre sortant, Gordon Brown, a quitté le 10 Downing Street, mardi 11 mai, et mis un point final à treize années de présence des travaillistes au pouvoir. En dépit des spéculations de ces derniers jours, le pays a également évité la mise en place d'une coalition baroque entre les travaillistes et les libéraux-démocrates : une telle alliance des perdants du scrutin du 6 mai ne leur aurait même pas assuré une majorité stable à Westminster.

La nomination de David Cameron à la tête d'un gouvernement de coalition avec les libéraux-démocrates de Nick Clegg était la seule façon de constituer une large majorité au Parlement : elle s'est imposée. Ces deux très jeunes leaders politiques, âgés l'un et l'autre de 43 ans, ont su, avec sang-froid, faire les concessions réciproques indispensables pour garantir la solidité de leur mariage de raison. David Cameron a fait des compromis sur la fiscalité et, surtout, accepté d'ouvrir la voie à une réforme électorale, réclamée par M. Clegg, et qui peut déboucher, à terme, sur une véritable révolution de la vie politique britannique. Quant au leader des lib-dem, il a renoncé à ses exigences sur l'Europe, l'immigration et la défense.

Ce compromis est historique à plus d'un titre. Non seulement la Grande-Bretagne, attachée depuis des siècles à son système politique d'alternance entre les deux grands partis, n'avait pas connu de gouvernement de coalition depuis 1945, mais une alliance entre tories et libéraux-démocrates est totalement inédite.

De sang-froid, David Cameron et son vice-premier ministre vont désormais en avoir doublement besoin pour affronter les défis qui les attendent. Car la Grande-Bretagne est confrontée à la crise économique la plus sérieuse depuis les années 1970. Le déficit public du pays atteint 12 % du PIB national, 15 % du total de la dette publique européenne est aujourd'hui britannique, la croissance est atone et la livre sterling désormais bien isolée dans la tourmente monétaire, après les mesures de protection de l'euro qui viennent d'être mises en place.

Ce sont donc "du sang, de la sueur et des larmes" - en l'occurrence une véritable cure d'austérité et de très sévères coupes dans les dépenses publiques - que le nouveau premier ministre anglais et son allié vont devoir proposer à leurs compatriotes.
En 1974, une situation comparable s'était soldée par la mise du pays sous tutelle du FMI. L'histoire ne se répète pas, comme chacun sait. Mais elle est instructive. Voire, aujourd'hui, inquiétante pour les Britanniques.

transcrito, com a devida vénia, de Le Monde de hoje

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