terça-feira, 13 de setembro de 2011

A dívida




Dette et croissance : la quadrature du cercle

On ne reprochera pas aux ministres des finances du groupe des sept vieilles puissances industrielles (le G7), réunis le week-end dernier à Marseille, d'avoir été francs : ils ne comprennent pas les marchés. Ils ne s'expliquent pas les paniques qui saisissent les investisseurs et les conduisent, en dehors de toute rationalité, à faire plonger les Bourses.


La question sera pourtant à nouveau au coeur des réflexions de l'Ecofin, l'assemblée des 27 grands argentiers européens, vendredi 16 septembre en Pologne, à laquelle participera Timothy Geithner, le secrétaire américain au Trésor.



Quel discours pourrait bien redonner un minimum de confiance aux agents économiques - investisseurs et consommateurs ? Quel est le cocktail de politique conjoncturelle de nature à nous éviter de retomber dans la récession ? Personne ne semble avoir de joker dans la manche.



Le moral quelque peu en berne en cette rentrée déprimante, on se consolera en disant du mal des professionnels. Ceux qui devraient nous éclairer, les économistes, ne nous aident guère.



Il y a quelques mois, la priorité était à l'austérité budgétaire. Ce qui plombe la croissance, nous disaient les économistes, c'est la dette. La montagne de dettes souveraines accumulées au Nord (Etats-Unis et Europe, pour ne pas parler du Japon), voilà l'ennemi.



D'où les programmes draconiens d'assainissement des finances publiques adoptés de part et d'autre de l'Atlantique. A juste titre. Car, dans bien des cas, le coût du financement de ces dettes publiques était en passe d'étouffer les économies concernées.



Mais la majorité des économistes - les néo-keynésiens comme les libéraux les plus orthodoxes - tient aujourd'hui un autre discours : on est allé trop loin dans l'austérité. Face aux pressions récessionnistes, il faut faire de la relance.



Les taux d'intérêt étant déjà très bas, l'arme monétaire est passablement émoussée. Reste la dépense publique. Mais là, comme devant la mort ou la maladie, nous ne sommes pas à égalité : les Etats-Unis ont des marges que l'Europe n'a pas.



Pour lancer un programme de soutien à l'emploi, comme vient de le faire Barack Obama, l'Etat fédéral peut emprunter à bon prix. La confiance dans le dollar est telle qu'il place ses bons du Trésor plus facilement que jamais - moins de 2 % de taux d'intérêt sur des obligations publiques à 10 ans.



Tout se passe comme si les marchés se fichaient éperdument de la dégradation cet été de la note de la dette américaine. Banques centrales et investisseurs privés veulent du dollar. C'est peut-être irrationnel, injuste, mais c'est ainsi.



En Europe, seul le Trésor allemand emprunte à si bon compte. Ailleurs, le poids de la dette rend l'emprunt onéreux, donc l'investissement public hors de prix. C'est notamment le cas en France : ne peut être keynésien qui veut...



Pourtant, l'Ecofin devra s'efforcer d'esquisser ce qui manque tant - et pour cause - dans le paysage économique d'aujourd'hui : une stratégie de réduction de la dette à long terme qui laisse des marges de relance à court terme. Et là, toutes les bonnes idées sont bienvenues.



transcrito, com a devida vénia, de Le Monde de 14/09/11

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