Quebra as algemas que te impedem de ser gente, as grilhetas que te cortam as asas, expulsa os ladrões do templo que é a vida!Quando se vende por aí peixe podre com discursos envenenados ou surrealistas; quando os erros do capitalismo selvagem têm de ser pagos pelos mais fracos e sem nenhuma responsabilidade na crise que nos sufoca; quando a miséria e a fome se instala entre nós, e só quem quer ser cego é que não vê, quem é irresponsável ou covarde é que vira as costas, quem é ignorante (resultado do Processo de Analfabetização em Curso, o PAC) é que o desconhece –urge meditar naquilo que transcrevi abaixo. É a nossa vida –vida que queremos digna, justa... humana- que está em jogo. O artigo de Bernard Guetta, sobre as primérias do PS francês, abre janelas, ajuda-nos a reaprender a respirar a liberdade e a justiça.
La vraie raison du succès de la primaire
Par Bernard Guetta
C’est un changement d’époque, mondial et radical. Sous nos yeux, en ce moment même, s’ouvre un nouveau cycle long, celui du retour aux commandes de la puissance publique et de la politique après trente années de libéralisme triomphant durant lesquelles le dogme était que «l’Etat n’était pas la solution mais le problème» et que ce n’était pas de lui mais de la sagesse des marchés que dépendait le bien-être général.
Ce changement, on vient de le sentir en France avec la stupéfiante affluence qu’a connue, dimanche, la primaire de la gauche. Ce succès des socialistes tenait beaucoup, bien sûr, au rejet national dont Nicolas Sarkozy est victime jusque dans son camp mais, outre que ce désamour est précisément né de la fascination de cet homme pour le libéralisme, il n’y a pas qu’en France que la fronde souffle. Une élection régionale après l’autre, la droite allemande ne cesse plus de perdre pied. Le Danemark vient de repasser à gauche. La droite italienne se délite, gangrenée par cette sacralisation de la réussite financière qu’incarnait Berlusconi, et il y a maintenant les Etats-Unis.
Après avoir essaimé en Europe et rebondi en Israël, ce début de révolte morale qu’est le mouvement des «indignés», se répand d’une côte américaine à l’autre, rallie les syndicats et a suffisamment de résonance dans l’opinion pour que Barack Obama et son vice-président, Joe Biden, l’aient aussitôt légitimé en déclarant, l’un, qu’il exprimait «une suspicion largement partagée envers la manière dont fonctionne le système financier» et l’autre que les «Américains ne pensent pas que le système soit juste».
Ils n’auraient pas pu mieux dire. C’est l’évidence même et, plus significativement encore, Barack Obama n’avait pas attendu ce mouvement pour axer sa campagne de 2012 sur la redistribution des richesses par l’impôt en proposant d’imposer plus lourdement les plus riches et les grandes entreprises pour pouvoir financer l’investissement collectif. Depuis Roosevelt et les années 1930, c’est la première fois qu’un dirigeant américain choisit de tout miser sur la défense des plus démunis et la dénonciation de l’argent roi.
L’exigence de protection et d’équité sociales s’affirme jusqu’en Chine où les conflits sociaux se multiplient alors même que le libéralisme avait permis de spectaculaires progrès.
Dans le monde arabe lui-même, l’essor des révoltes populaires a été précipité par les politiques de libéralisation économique. Partout une page se tourne. Les citoyens aspirent partout à un retour de l’Etat arbitre, protecteur et garant du long terme et la raison en est claire.
De même que le New Deal occidental des trente années d’après-guerre avait fini par freiner l’innovation à coup de réglementations sociales, les trois décennies libérales ont fini par propager une crise mondiale en faisant un impératif suprême du profit immédiat, brisant les consensus sociaux et affaiblissant les économies occidentales à coup de chômage et de délocalisations industrielles. Imposé, à la fin de la guerre, par la peur du communisme et les besoins de la reconstruction, le développement continu des systèmes de protection sociale en Europe et en Amérique avaient favorisé le statu quo au détriment de la modernisation, l’industrie lourde et vieillissante contre le redéploiement du capital dans les nouvelles technologies.
Le toujours plus de protection sociale et de réglementation du travail avait effectivement menacé de sclérose les économies occidentales mais, en redonnant la main libre au capital, le libéralisme lui a permis de déménager les usines vers les pays à bas salaires, de développer le travail précaire et les licenciements boursiers, de réduire l’imposition des plus hauts revenus, de s’affranchir de toute règle et de mener un assaut frontal contre la protection sociale - de déstabiliser l’économie occidentale et de donner la priorité aux jeux financiers sur la production industrielle.
C’est ainsi qu’on en est arrivé au krach de 2008 puis à la crise des dettes souveraines et, donc, à ce rejet massif d’une idéologie dont les dogmes étaient que, plus les riches étaient riches, mieux chacun se portait, que l’impôt tuait l’impôt en réduisant la croissance et que la main invisible des marchés était là pour réguler une économie dont les réglementations publiques ne faisaient, disait-on, qu’entraver le développement.
Même le FMI, même la Banque mondiale, même Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ne disent aujourd’hui plus cela. Le besoin d’Etat est désormais devenu tellement profond que les marchés eux-mêmes aspirent à un Etat européen et que les gauches du compromis social reviennent en grâce, portées par ce changement d’ère.
Transcrito, com a devida vénia, de Libération, 12/10/11
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